2017-10-30

T770 - Les Théos.


Deux aimables batraciens pas vraiment communs,
L’un replet et tout doré, l’autre couleur de suie et desséché, broyaient du noir




Pas question entre eux d’étang, de marais, ni roseau, ni mare, comme on aurait pu le croire.
Non ! Ils évoquaient amèrement les difficultés de leur artistique turbin.

Théo-d’Or et Théo-Sec avaient suivi autrefois les cours du conservatoire,
maintenant ils donnaient professionnellement dans le 7 ème art
Qui de les enrichir ne donnait décidément plus guère d’espoir.

Théo-d’Or fit une courte apparition dans Casque d’or
Mais n’avait pas été retenu pour un petit rôle dans Goldfinger
(On lui préféra Julien Doré, allez savoir pourquoi ?)
Un comble ! Pour un Bond, que de refuser une grenouille….

Théo-Sec, doublure de Jeanne d’Arc dans la scène finale sur le bûcher,
avait été malencontreusement oublié, il avait positivement cramé.
Noir qu’il était devenu, il ne pouvait plus espérer que des rôles obscurs.

Bref pour les deux, dans le métier, cela n’allait pas fort.
Théo-Sec était à sec, Théo-d’Or ne roulait pas sur l’or.
Il fallait d’urgence virer de bord.




« Cherchons fortune ailleurs pour faire de la thune.
Puisque l’époque est aux start-up
Toi et moi, fonçons, hop hop hop !
D’un bon bond sautons sur l’occasion
A SiliHop Valley ouvrons notre start Hop shop
Et que ça saute ! »

Le rêve américain…

*** fin ***

S’il n’y comprend ni quoi ni qu’est-ce
Que le lecteur, sans complexe, exige une explication de texte
Et sa ristourne de 10% à la caisse.


Avis au lecteur ami..

Merci au jeune Bati, plein d’esprit, qui les noms m’a gracieusement fournis.

2017-10-23

T769 - Corrida en sous-bois.


L’amour est enfant de bohème
Qui n’a jamais connu de loi
Si tu ne m’aimes pas, je t’aime…
Etc.

Escamillo, oh oui, enlace-moi, fort.
Encore, encore et encore.
Chaque partie de mon corps,
Par tes passes, tes piques, adore.
Ne ménage pas tes efforts.

Oui oui oui, tout mon corps, tords et adore
Mon œil noir te regarde.


Olé.
Et on oublie Don José.

*** ***

2017-10-16

T768 - Wouah wouah wouah et moi et moi et moi.



Hé les cabots ! levez le pied – la patte, si vous le préférez -,
on se met illico au decrescendo.
De grâce, sur le champ, cessez d’aboyer et rangez les crocs.

Si en passant je me suis arrêté c’est pour vous regarder
Je suis un promeneur, aucunement une bête traquée
Inutiles sont vos abois parce que je sors du bois.

Wouah + wouah + wouah = wouah wouah wouah
3 wouah contre moi.
D’évidence et incontestablement vous l’emportez au nombre de voix.

Mais…
Prenez garde à l’extinction de voix et n’oubliez pas le dicton :
Le train, bien que les chiens aboient, par la gare à Vannes passe.

2017-10-09

T767 - Sur le ponton - version 3



A un poil près ça sentait le roussi !



De ne pas avoir été convié et associé à la noce
Cupidon, alias Eros, voilà qui l’avait rendu d’humeur féroce.
Un sale coup pour sa divine réputation !
indisposer les dieux, pour les humains, n’est jamais bon
gare au retour de bâton.

Coup bas, coup rage, coup gare, coup courroux, coup Yon.
Etc.

Etre le dindon de la farce, pour Cupidon,
il n’en était nullement question.
Pas de cela Lison !

L’humaine créature en son état le plus naturel se dorait sur le ponton
avec pour seuls témoins autorisés, les divinités du ciel  et de l’eau, Phoebus et Poseidon.
Contrarié et courroucé, le dédaigné entonna, sur la musique de Dutronc
« Et moi, et moi, et moi. ».

De quoi, de quoi ! Pourquoi eux et pas moi ?

*** / ***
A celle qui avait négligé de le prendre en considération
D’une flèche enflammée, il fut tenté de mettre le feu à l’intime buisson.
une cruelle punition qui lui servirait de leçon.

Punir la fautive, soit mais pas seulement.
Eteindre aussi les feux ardents  du dieu du ciel Phoebus
et empêcher Poseidon, celui des eaux, de se rincer l’œil.

ll estima avoir mieux à faire ailleurs et sur l’instant de lâcher la blonde
Il y a tant d’amoureux qui espéraient sa venue de par le vaste monde…

Il remit sa flèche dans le carquois et en s’éloignant grommela :
« Tu ne perds rien pour attendre, tôt ou tard on se reverra
La vengeance est un plat qui se mange froid. »


***  la suite (et fin) ***

Il revint
Voilà ce qu’il en advint.





*** fin ***

2017-10-02

T766 - Sur le ponton – Version 2


Un sage compromis pour un bronzage réussi.

« Chat échaudé craint même l’eau froide »
En vertu de cet adage…

Ainsi qu’on jette son bonnet par-dessus les moulins
elle a balancé sa culotte Petit Bateau à l’eau par delà le bastingage
pour s’assurer en l’affaire de la bienveillance du remuant Poséidon.

Les dieux de tout temps ont été jaloux et ombrageux.

« Seigneur, sois bienveillant,  préserve-moi du roulis et du tangage. »

Puis, nue, s’est allongée de tout son long sur le ponton
S’offrant aux rayons de Phoebus
Pour ajouter à son teint un petit plus.



La paix et la sérénité, l’exposée n’en demandait pas plus
Une façon bien à elle de ménager la chèvre et le chou
De se concilier la clémence des dieux de l’eau et du feu, peu ou prou.
En somme, jouer avec le feu sans se mouiller.