2019-10-01

2019-09-24

2019-03-11

T829 - C'est ainsi qu'Adam trouva femme.



Si vous aviez pu voir… Si vous aviez pu voir…
… Voir comme il se languissait dans son Paradis
sans compagne, sans compagnon, sans compagnie !

Dans les jardins de l’Eden, notre père Adam tournait en rond.
Indéniablement quelque chose clochait, quelqu’un manquait.
Allez savoir : une ou un, mais quoi, mais qui, cela il l’ignorait.
Comment l’aurait-il su, lui, premier homme, novice en tout domaine.

Au coin du bois, il fut un jour brusquement surpris.
L’âge venu, une taraudante sève en lui montait.
Qu’était-ce donc que ce membre qui grossissait ?
Que faire, avec qui, avec quoi, un, une, avec lui ?

Faute de Maman, il n’avait pas reçu d’éducation sexuelle
et son suprême géniteur avait négligé sur le sujet l’essentiel…

A ses lamentations et longs sanglots
répondit un lointain écho venu de très haut :

«  Que veux-tu ? Juste une aventure ou une liaison qui dure ? 
- Je veux une femme pour tenir le ménage, docile et bonne au lit.
Une bien vigoureuse, courageuse, pas le genre tire-au-flanc. *
Y a-t-il parmi vous un dieu avisé qui saura me sortir de l’embarras. »

Pendant son profond sommeil dans le Jardin des Merveilles,
lestement, au couteau, un dépêché céleste lui ouvrit le flanc.
C’est ainsi que d’un morceau divinement prélevé naquit Ève.



DR 

A son  réveil, considérant la sanguinolente côtelette,
Adam s’écria : « Mazette, cela n’a ni queue ni tête !
Un os court ? Au secours ! Il y a loin de l’Eve à l’Adam…
Dites-moi comment m’y prendre pour l’entreprendre ?
                                                                                  
- Attends un peu, fais preuve de patience,
Avant de t’attaquer au plat de résistance,
laisse quelque temps la viande reposer.
Cela n’en sera que meilleur au moment de consommer. »

*** fin ***

* Il ne croyait pas si bien dire !


2019-03-09

T827 - Une affaire de fer pas très claire ?



Il était une fois un cheval fortement contrarié
d’avoir inopinément déferré.



Ciel, quel grand malheur ! 

L’ongulé à sabot unique* se montrait chagrin.
Un fer en moins, dans son métier, tu n’es plus bon à rien,
juste à pointer chez les chômeurs du coin.

Redoutant la réforme, d’avoir à dire adieu aux picotins et labours,
il priait : « Quelle âme pieuse m’apportera un providentiel concours ? -
Rien à attendre de Léo Ferré, de ce monde n’étant plus,
tout comme Gaston Deferre, l’un et l’autre, du domaine terrestre exclus.
- Ciel, je t’en supplie, vole à mon secours.
N’y aurait-il vraiment aucun recours ? »

Qui lui répondit :
« Rends-toi clopin-clopant à Clermont Ferrand,
Ou à Vichy, pour tenter de rencontrer le Maréchal ? »

Trop loin, pour le premier,
trop tard, pour le second. Inutile de l’envisager.
Malheur, grand malheur
pour la brave bête de labour et de labeur.

Découvrant par hasard l’égaré fer, un promeneur s’écria :
« Il se dit que cela porte bonheur ! 
Merci, Seigneur. »
 s’en empara, l’empocha, puis tranquillement s’éloigna.

Le malheur des uns fait le bonheur des autres, énonce-t-on doctement.

Il suffit aux autres d’être providentiellement au bon endroit au bon moment.
Quant aux uns, qu’ils consentent à se résigner dignement
en attendant un plus favorable événement,
tout en conservant un fair play séant.
Patience et longueur de temps...

* C’est du cheval qu’il s’agit.

*** fin ***

2019-02-18

T826 - Vraiment fini ?


N I ni, entre elle et moi, il n’y aurait plus de bavardages ? 
Quid de nos persiflages sur le proche voisinage ?




En vérité, en vérité, je vous le dis, la pie et Bibi
étions vraiment de très chouettes amis.
Jusqu’ici.

Elle se pointait sur mon balcon
pour un p’tit bout de conversation.
Nous passions en revue la compagnie.
On disait sur celui-ci ceci,
sur celle-là cela.
Et toc et toc et bla bla bla.

Du lundi au samedi *, du monde nous faisions le tour.
On parlait de tout, de guerre et d’amour.
De la pie Fanny j’étais le roi, chaque jour
Pas seulement pour la fève du samedi soir.




Un certain samedi elle m’a quitté sur les coups de midi.
Je ne l’ai jamais revue depuis.

Sans doute se consacre-t-elle à son nid
à ses petits, à son mari – car elle en a un, pardi !
Aurait-elle fait fi de ses amis,
de Bibi, celui qui présentement se languit ?

Contre mauvaise fortune, bon cœur.
Si elle a trouvé un abri, sincèrement je m’en réjouis.

J’aurais tellement de peine à savoir ma pie sans lit.


*** fin ***

* chacun sait – et ne devrait pas ignorer - que le dimanche est consacré au Seigneur

2019-01-28

T823 - Logiquement...



Ah ! la savoureuse histoire du colis de ce maçon
dans l’escalier du même nom...
Mais fi de la dispersion, revenons à nos moutons
Sans négliger nos brebis, eut ajouté la bergère de Domrémy.

Petits petits petits...


Sur la table du casino, le corbeau avait perdu gros
Twoo much est trop moche.
Enfer du jeu, cercle vicieux.
Le voilà fort démuni, n’ayant plus en poche un radis.
Adieu le luxueux train de vie !

Pour se refaire au plus vite une santé financière,
Il eut l’idée de s’adjoindre un efficace partenaire
Et choisit une amie pie pour régler au mieux l’affaire,
reconnue par les experts comme étant mathématiquement la plus qualifiée.

En connaissant un rayon,
elle allait forcément lui récupérer ses ronds
Car on sait qu’avec pie Pi on va toucher le pot
... à condition, bien entendu, de viser juste.

*** fin ***

2019-01-21

T822 - La révolte des moutons



Mère Supérieure autoproclamée
- les béliers n’ayant alors que le titre honorifique de consorts -
la vieille brebis s’adressa à sa progéniture :


photo Y.G

« Rassemblement !
Belles agnelles, agneaux beaux et agnelets laids
Beaux laids, appuyez sur le champignon.
Grouillons, grouillons, les petits moutons
Derrière moi, serrez les rangs, en route la gent bêlant
Il est temps de changer de logiciel, de bousculer les codes
Fuyons l’ancien monde, entrons dans le nouveau
Comme l’a déclaré le président Macron
Ces beaux préceptes nous les appliquerons !

Nos pendules à l’heure réglons.
Nous quitterons les lieux dès ce matin
Il en sera fini de la traite, de la tondeuse, du gardien et ses chiens,
Allons allons, au loin nous irons, c’est la révolution.

Terminé le temps des humiliations, de la soumission
De notre sotte résignation à une pitoyable condition.
Il n’est pas dans votre tempérament de ruer dans les brancards
Mais vraiment, de leur comportement, il y en a marre !

Ras-le-bol de l’imposée coupe au bol malgré nos protestations.
Ras-le-bol d’être telles certaines femmes à la Libération tondues,
au mépris de notre vertu et de nous retrouver jour et nuit cul nu.
Nous devons refuser maintenant la tonte de la honte.

A bas la répression ! Révolution, révolution !
Qu’un autre sang désormais abreuve leurs sillons. 
En avant, en avant, fuyons, fuyons,
grouillons, grouillons ! »

Alerté par le ramdam, escorté par sa meute, arriva le berger
Qui mit autoritairement fin au désordre et ramena illico l’ordre.

« Ca va, ça va, nous avons compris, on ne s’y rendra pas, on se rend »
- Comprenne qui pourra !

Sans faire plus de manière
Clic clic clic et clic de der
De la tête au derrière
on passa tout ce petit monde à la coupe réglementaire.
- - - - - - - -

La brebis eut sans aucun doute tiré bel avantage
à lire au préalable la fable de La Fontaine
Le rat et l’éléphant
et d’en méditer la morale :
« Il en aurait dit davantage ;
Mais le chat, sortant de sa cage,
Lui fit voir en moins d’un instant
Qu’un rat n’est pas un éléphant. »

Pour enfin comprendre qu’un mouton n’est ni Danton ni Mélenchon.

*** fin ***

2019-01-15

T824 - Le pivert pris à son propre piège.


Voici l’histoire d’un plaisant pivert
Qui certain jour décida de jouer au plus fin avec ses voisins.

La moquerie est le moindre défaut du pivert
qui par ailleurs n’est pas détestable compère.



L’emplumé avait avec grand soin préparé sa liste de facéties
Une large panoplie destinée à se moquer notamment des pies
dont le nom, il est vrai, se prête volontiers aux plaisanteries.
Oui, inévitablement il allait bien se marrer…

Du bout du bec, il toqua à l’huis des pies.
Toc toc toc. On lui ouvrit.

Illico il enchaîna du tac au tac :

« Bonjour, je suis à la recherche d’une certaine Madame Pie
dont j’ai, veuillez m’en excuser, à l’instant oublié le nom précis.
Pie Rogue, pie Rate, pie Crate, ou pie Tagor, désolé pour l’oubli. »

Le bavard à gros bec tomba… sur un bec.



« Ici, habite Madame Pie 3,1415926…
C’est peut-être celle que vous cherchez
Je vais volontiers de ce pas plus amplement me renseigner.
Dans un instant je vous donnerai son exacte identité
Si vous voulez bien patienter un moment. »

L’attente fut longue
On l’imagine aisément.

Quand on se lance dans la frime,
Mieux vaut choisir avec soin ses victimes.


*** fin***